Contrôle d'Internet au Canada: vous sentez-vous observé?
Le blogueur Éric Baillargeon a mis à la disposition de ses lecteurs la vidéo ci-bas qui fait le point sur la question de la neutratlié de l'accès à Internet au Canada. Bell et Rogers en prennent pour leur rhume. Il est peut-être temps que les internautes canadiens se mettent à poser des questions. À Bell, à Rogers, à Vidéotron, et surtout, pour le faire bouger un peu, au CRTC.
Parce qu'en gros, quelqu'un quelque part surveille ce qu'on fait sur la Toile, et si ça ne fait pas leur affaire, parfois, ils bloquent. Et non seulement ça prive les internautes canadiens d'un contenu à leur goût, ça prive aussi les innovateurs et les entreprises d'ici d'une éventuelle occasion d'affaires qui pourrait nous permettre de se distinguer de concurrents américains, européens ou asiatiques (où, par ailleurs, la censure n'est pas exactement inexistante non plus).
Bell et Rogers «qui ralentissent le flot de données sur Internet quand bon leur semble.» Voilà la conclusion à laquelle en arrivent les producteurs de cet extrait vidéo (mon voisin de page Web Michel en parle justement ici), qui dénotent l'étrange habitude qu'ont les gros fournisseurs d'accès à Internet à bloquer certains types d'accès au Réseau, comme le partage pair-à -pair (P2P).
Amber Mac donne en exemple le fait que la CBC a mis un premier épisode d'une de ses émissions sur Bittorrent, du jamais vu de la part d'un télédiffuseur nord-américain. Mais l'accès au fichier à partir du Canada est énormément long, parce que les FAI ont le double intérêt à ne pas donner accès à ce document:
1- C'est les gros méchants pirates de Bittorrent qui échangent de la musique, des films et tout ça et c'est pas fin pour les multinationales du divertissement numérique;
2- CBC, c'est pas un rival médiatique de Bell (RDS) et de Rogers (Rogers TV, Sportsnet, etc.), ça par hasard?
Il y a semblant de jeu de coulisses dans cette situation. Le contrôle des diverses plateformes médiatiques au Canada par une très petite clique d'entreprises aux poches pleines a effectivement de quoi inquiéter. Si ça vous interpelle, demandez au CRTC d'inspecter de plus près la manipulation du trafic («Traffic Shaping») effectuée par les gros FAI comme Bell, Rogers et Vidéotron (absente de la critique d'Amber mac probablement parce qu'elle est, hum, québécoise).
Si jamais vous voulez faire un lien entre ça et l'état de l'économie canadienne, je vous réfère à cet article d'un autre collègue blogueur, Mario Asselin. Le sous-titre de l'article dit tout: «Plus un pays développe et utilise les nouvelles technologies, plus il est performant et innovant.»
Collectivement, nous avons donc le devoir d'exiger des entreprises qui nous donnent un accès à Internet qu'elles fassent tout en leur pouvoir pour s'assurer de fournir un plein accès à cette ressource qui est plus que ludique, puisque c'est aussi une place de marché, un lieu de création de la richesse (hé oui, ce fameux concept), et ainsi de suite.
Technorati Tags: Bell, Internet, Rogers, Web







