Quelqu'un peut-il réveiller Jean Charest?
Je pense qu'il est temps d'envoyer un message clair au gouvernement de Jean Charest: RÉVEILLE! Car s'il était tout fier de refiler un chandail du Canadien de Montréal au représentant de Morgan Stanley, c'est que cette dépense n'était rien à côté de la subvention colossale qu'il leur octroie du même coup. Surtout que ces fameux 200, 300 ou 500 emplois auraient pu être ceux d'une PME 100 % québécoise, dont le rôle aurait été de développer les logiciels que le gouvernement emploie dans ses opérations quotidiennes. Vous savez, ces logiciels que Québec achète à gros prix directement de Microsoft, sans se demander si cet argent serait mieux investi dans des entreprises de chez nous?
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Je m'explique mal le raccourci intellectuel qui mène tant de Québécois à aimer le Parti Libéral du Québec (PLQ) plus que jamais en ce moment même. Sa politique de l'à -plat-ventrisme est-elle ce que tout le monde aime tant? Devant des entreprises américaines comme Morgan Stanley, devant le fédéral et Mme Michaëlle Jean, et dans ce cas-ci, devant le désir de Microsoft de facturer au gros prix une mise à niveau parce qu'elle ne veut plus offrir de soutien technique pour une ancienne version de son système Windows!
Heureusement qu'il y a des gens comme Cyrille Béraud pour veiller au grain (et des collègues comme Denis Lessard et Michelle Blanc pour raconter l'histoire devant public). M. Béraud fait partie de ce groupe d'irréductibles québécois qui ne jurent que par le logiciel libre. Vous savez, ce logiciel développé à partir de bouts de code offerts gratuitement à tous, et qui crée des documents dont le format est généralement universel? On pense évidemment à Linux (surtout que M. Béraud est président de Savoir-Faire Linux), mais c'est bien plus que ça.
Voici d'ailleurs l'intérêt d'utiliser des fichiers dont le format est universel: si votre fournisseur de logiciels vous demande 700 000 dollars pour mettre votre système à jour, vous pouvez lui dire qu'une entreprise rivale vous offre le même service pour 200 000 dollars. Et vlan. C'est ce qu'on apelle le pouvoir de négociation. Avec Microsoft comme seul fournisseur, le gouvernement du Québec (et, dans cet exemple, la Régie des rentes du Québec) se prive d'un tel pouvoir de négociation.
Autre intérêt: vous étirez la durée de vie de votre parc informatique. Ces ordinateurs qui devront inévitablement être remplacés par des machines plus performantes, maintenant que le gouvernement a décidé de passer à Windows Vista, ce système qui gobe des ressources-système comme un enfant gobe des bonbons.
Voici comment le journaliste de La Presse résume ce qui se passerait si le gouvernement lâchait Microsoft:
Un tel recours est une première en Amérique du Nord, mais est déjà apparu dans d'autres pays d'Europe, notamment. Sortir Microsoft des bureaux gouvernementaux créerait des milliers d'emplois car les firmes locales d'informatique, ayant accès au code informatique de ces logiciels «ouverts», pourraient offrir des services impossibles sur les systèmes fermés «propriétaires» de Microsoft.De son côté, Michelle Blanc rappelle une défunte volonté gouvernementale de recourir plus systématiquement aux logiciels libres:
Ça me fait penser à l'ancien ministre Henri-François Gautrais, qui avait déposé le livre vert Pour un Québec branché vers les citoyens (PDF). Dans son document on pouvait lire les recommandations suivantes : - [...] Nous recommandons aussi, lors de projets gouvernementaux à portée régionale, l'inclusion des entreprises locales ayant une expertise liée aux TIC. - [...] Nous recommandons que les réflexions en vue de l'adoption d'une politique d'orientation gouvernementale en matière de logiciels libres se poursuivent au sein du gouvernement.Cyrille Béraud est présentement devant la Cour supérieure du Québec pour contester la décision du RRQ de mettre à jour ses logiciels Microsoft sans appel d'offres. Fidèle à une tradition qui n'est pas sans rappeler la philosophie du logiciel libre, il met à la disposition de quiconque est intéressé toute la documentation qu'il utilise pour défendre son point de vue.
Et prochaine fois qu'une firme de sondage vous appelle pour savoir si vous êtes satisfait de votre bon gouvernement, répondez-lui donc quelque chose du genre: «Erreur fatale (sic)! Tout devient soudainement bleu, et je dois dumper votre appel car je vais redémarrer sans avertissement dans une seconde!»







