Une grande séduction à saveur techno
J'ai déjà parlé en ces pages électroniques du rôle que peut jouer le réseau internet en région pour y maintenir, voire y créer de nouveaux emplois bien rémunérés. Faire un gag d'actualité, je vous dirais que ça peut même aider à se frotter la souche de Québécois aux autres minorités culturelles de par le monde, sans même se sortir de son salon. Mais ce ne serait tellement pas mon genre... Je désire plutôt publier une précision par rapport à un article paru dans La Presse, la semaine dernière, sur le rôle d'Internet face au ralentissement économique aux États-Unis, qui m'est arrivée de Grandes-Piles, par la magie de la technologie IP.
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Grandes-Piles est un village situé un poil au nord de Trois-Rivières. C'est aussi celui que vous verrez en plus grand plan si vous cliquez sur la photo qui ouvre ce billet. Sur le bord de la rivière Saint-Maurice, en face de St-Jean des Piles, un peu plus haut se trouve le parc de la Mauricie, où il fait bon canoter.
Bref, si on avait à décrire le Québec à un touriste en une image, on pourrait utiliser celle-là. Surtout qu'au coeur de Grandes-Piles se trouve une entreprise, Techni-Conseils (associée à l'Allemande Leistritz AG), dont le propriétaire s'appelle Sylvain Mongrain, qui pourrait incarner le petit côté techno de la Belle Province.
«Oui, nous sommes une petite PME spécialisée dans un secteur de pointe. Nous avons accès à la bande passante via la fibre pour faire des affaires. Le nombre d'employés est d'environ une dizaine et nous donnons du travail à des sous-contractants locaux. Oui nous avons de gros clients à New York. »Dans le journal, j'insistais surtout sur le rôle bénéfique que peut avoir une bande passant de qualité, comme un accès à Internet par fibre optique, sur le développement des affaires en régions. Or, vous vous en doutez, il n'y a pas que la technologie qui compte. L'environnement itou. Et le talent.
Concernant l'environnement, je dois de petites excuses à M. Mongrain, qui précise:
« Les bureaux sont situés dans un vieux manoir de pierre construit en 1942 surplombant la majestueuse rivière St-Maurice, et non dans un bungalow préfabriqué [...]. Considérant qu'il est difficile de recruter du personnel qualifié en région je crois que le fait de dire que les bureaux sont situés dans un bungalow préfab ne contribue pas trop à rendre intéressant pour de jeunes professionnels de quitter la ville et venir s'installer en région ! »Comme pour donner encore plus le goût aux professionnels en question de venir faire un tour à Grandes-Piles, Sylvain Mongrain m'a justement refilé l'image du village que vous voyez ci-haut. Je sais pas vous mais moi, pouvoir bosser d'un tel endroit, avec la possibilité de passer le weekend sur le lac Wapizagonke, où quelques-uns de mes étés de jeunesse se sont soldés par une randonnée de canot-camping, je trouve le concept plus que chouette.
En fait, je comrpends M. Mongrain de vouloir mettre à l'avant-plan les bons côtés de demeurer en région. C'est, en quelque sorte, un jeu de séduction qui s'installe et qui sera certainement de plus en plus féroce, avec la rareté de la main-d'oeuvre annoncée pour 2012. Une pénurie qui, en passant, sera nord-américaine, et où toutes les grandes métropoles du continent se livreront bataille pour les plus talentueux développeurs informatiques de tout acabit.
C'est aussi, à petite échelle, une démarche dont il faudrait s'inspirer pour que justement, dans un avenir proche, on puisse capitaliser sur ces atouts pour attirer ces professionnels de talent au Québec, à Montréal ou ailleurs. Les CGI de ce monde peuvent installer leurs pénates n'importe où. Aussi bien qu'ils soient au courant de l'existence de régions comme Grandes-Piles... Car comme le dit justement Sylvain Mongrain:
« La bande passante n'est pas le seul critère du succès. Elle contribue à rendre les échanges commerciaux plus faciles. A mon avis, la créativité et la qualité du personnel passeront toujours avant la qualité de la bande passante, que ce soit en région ou en ville. »
La bande passante et la qualité du personnel. Dans une économie du savoir, ça doit être la clé, je présume. Peu importe l'endroit où on se trouve...



Vos commentaires
Je fréquente souvent cette partie du Québec et je n'avais aucune idée qu'une telle entreprise s'y développait.
En fait, ça me fait penser que si la progression des T.I. à l'extérieur des grands centres ne sert pas à répondre ce besoin irrépressible (pour un citadin typique!) de prendre le chemin de la campagne sur une base occasionnelle ou pourquoi pas permanente, je ne sais pas à quoi elles peuvent bien servir.
Pour ce qui est du développement régional et bien quoi de mieux qu'un pont virtuel et intangible pour réunir deux grandes solitudes : l'intellectuel et les animaux :)
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