Il n'y a pas que la blogosphère québécoise qui souhaiterait que les technos aient droit à plus de considérations de la part de la population en général et de nos élus en particulier. La Fédération informatique du Québec, ci-après, le réseau Action TI également. Son président, Jacques Topping, trouve que le poids social et politique des 160 000 travailleurs québécois dans le secteur technologique est un peu trop léger, compte tenu de leur poids économique. Il espère que le nouvel élan de son organisation corrigera cet état des choses.
«On a un problème d'image dans les TI au Québec», confiait-il à Québectech plus tôt cette semaine, à l'occasion de la Journée de l'informatique du Québec, à Québec. «On le voit dans les cégeps et les universités: on n'a pas de relève. Il faut revaloriser la profession. Quand on regarde les chiffres, on réalise qu'il y aura 21 000 emplois à combler dans les TI d'ici trois ou quatre ans. Le ralentissement économique va peut-être retarder ce problème d'un an ou deux, mais pas plus.»
Les statistiques démontrent que chaque emploi créé dans les technologies informatiques ajoute en moyenne 120 000 dollars par an à l'économie locale. Ces 21 000 emplois potentiels représentent donc 2,5 milliards de dollars qui pourraient échapper au PIB du Québec, craint l'administrateur québécois, qui cite la campagne publicitaire que fait depuis des mois l'Ordre des comptables agréés du Québec.
«Les comptables ont leur campagne et ça marche», dit-il. «C'est sûr qu'ils ont les moyens. Nous, on a les technologies à notre service.»
Le réseau Action TI souhaiterait aussi que les élections en cours servent à mettre en valeur le rôle des TI dans l'économie québécoise. La plupart des économistes s'entendent pour dire que le Québec devrait se tirer relativement indemne de la crise actuelle, et que le Canada devrait être le pays industrialisé le moins affecté par la situation.
Car si la croissance économique n'est pas un enjeu aussi critique qu'aimeraient nous le faire croire certains politiciens, la nature de l'économie, elle, l'est peut-être davantage: le secteur manufacturier a perdu des dizaines de milliers d'emplois au cours de la dernière année, mais le taux de chômage au Québec demeure stable. C'est donc qu'il y a transformation, ce que ne semblent pas voir les politiciens.
«On doit demander aux partis politiques quels seont leurs plans pour les TI, leurs 160 000 travailleurs et leurs milliars de dollars en profits», résume, assez clairement merci, Jacques Topping. «On doit protéger nos emplois et l'économie du Québec.»
Le réseau Action TI promet de poser des gestes sous peu pour inciter tout le monde à réfléchir à la question, fort heureusement avant la journée des élections, le 8 décembre prochain. «On entend parler de la santé, de l'éducation, mais les TI (qui, soit dit en passant, sont aussi cruciales dans un cas comme dans l'autre)? On ne s'en occupe pas.»
M. Topping espère accélérer la mise en application de programmes et de promesses gouvernementales qui tardent à aboutir. Il invite du même souffle la douzaine d'organismes, de regroupements et d'alliances qui sont spécialisées dans les TI à se joindre à lui pour aider à redonner à cette industrie la visibilité dont elle a besoin pour s'attaquer à ses propres enjeux. «On doit travailler ensemble», conclut-il.
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par Alain McKenna
Sa ressemble quelque peu à l'article de cette semaine sur la relève en TI
http://techno.branchez-vous.com/actualite/2008/11/informatique_du_quebec_releve.html
Redondance total....